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Trégueux face au virus - témoignages des habitants


Dans le Mensuel du mois de juin, nous invitions les Trégueusiens à partager leur expérience de l’épidémie, entre confinement et déconfinement. Vous avez été nombreux à nous adresser un témoignage écrit ou photographique pour raconter ces moments où la vie quotidienne rattrape la « grande histoire ». Nous remercions toutes les personnes qui ont répondu à cet appel. Leurs témoignages figurent dans les pages suivantes.

La Ville de Trégueux tenait également à remercier toutes les personnes qui ont apporté leur aide pendant la crise  : les médecins, tous les personnels soignants, professionnels de santé et secouristes qui sont intervenus sur la commune, les commerçants, artisans et professions libérales qui ont fait leur possible pour assurer les besoins essentiels et maintenir les activités, les agents des services publics qui ont continué d’assurer leurs missions, sur le terrain ou en télé-travail, les associations, les élus et les citoyens qui n’ont pas hésité à contribuer bénévolement aux dispositifs de solidarité… et l’ensemble de la population pour son sens du civisme en cette période troublée.

 

Une sensation étrange

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Centre-ville de Trégueux de nuit, pendant le confinement – photo de Bernard Schelle

« 8h30, un jour en semaine, je quitte la maison pour me rendre à pieds au travail, j’y suis dans 15 minutes. Je ne fais pas de bruit, la maison est calme maintenant, Je suis la seule à me déplacer pour aller bosser. Désormais, les enfants se lèvent plus tard et font leurs devoirs dans la salle, en pyjama, le nez sur l’écran. 
Avant de sortir dans ma rue, je vérifie que j’aie bien dans mon sac, une autorisation de sortie et l’attestation de mon employeur. Être obligée d’avoir des papiers pour pouvoir quitter son domicile, c’est une sensation étrange. Un sentiment de liberté volée, sur un claquement de doigts.
Tout est calme dans la rue, ni voiture, ni vélo, ni piéton, pas même un bruit lointain… Je me sens presque hors la loi… Enfin un peu d’air frais… Mais le silence est oppressant… La ville semble désertée. Je marche d’un pas rapide, tête baissée, pressée d’arriver. Seul un hérisson aussi surpris que moi de notre rencontre, file dans un jardin.
La nature semble avoir repris ses droits, bien plus vite que je ne me l’imaginais. Finalement nous ne sommes pas si indispensable que ça…
J’arrive sur mon lieu de travail… je souffle enfin. Direction les vestiaires, j’enfile ma blouse, ajuste mon masque. Et d’autres inquiétude, pour cette journée qui commence… »

Céline G.

Observer la faune et la flore

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« Avec ce temps expansé des journées et cet espace rétréci du confinement, et ayant cette chance d’habiter dans un bout de vallée, un peu à l’écart, je me suis mis à faire des relevés photographiques, pendant la promenade quotidienne du chien, dans les premiers temps, de la flore de la vallée, avec une application sur smartphone PlantNet.
En attendant les beaux jours et de voir les fleurs s’épanouir pour affiner mes observations, je suis passé aux relevés des insectes de cette même flore. Après plus d’un millier d’observations,dont 594 sur Inaturalist, application de reconnaissance de la faune, j’en suis actuellement à 256 espèces répertoriées, toujours dans ce petit bout de vallée d’1 kilomètre de long, et plus de 200 sur la flore. »

Jean-François B.

Notre confinement…

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« Je suis maman solo de 3 enfants. Au début nous sommes un peu perturbés par la situation, puis assez rapidement je décide de faire de ce confinement des « vacances de la vie ». Nous rendons visite à mon papa tous les jours. Papi joue au maître d’école. Le midi atelier culinaire en famille, nous nous cuisinons de bons petits plats. Nous profitons de lui chaque jour en respectant les gestes barrières car il est âgé de 67 ans et a un cancer du pancréas au stade terminal, diagnostiqué mi-janvier seulement. Plus de rendez-vous médicaux pour mes deux plus jeunes enfants malentendants, plus de contraintes… Un peu de repos. Nous profitons juste de la vie.
Profiter, prendre le temps, se découvrir, se balader, ne plus être pressé… puis fin avril , nous nous rendons à l’évidence, papa partira rapidement, il ne lui reste que quelques jours à vivre, alors on reprend les embrassades, les câlins. Papa a été hospitalisé en urgence le 5 mai et il s’est envolé le 7 mai au matin. Nous avons eu cette chance de pouvoir être avec lui et de l’accompagner jusqu’à son dernier souffle. Je pense à tout ceux qui n’ont pas eu cette « chance » pendant cette période, qui n’ont pas pu dire adieu à leurs proches, leur tenir la main, les accompagner pour leur dernier voyage… Mon papa est parti en paix, avec ses deux enfants près de lui. Quand nous parlons du covid-19 dans notre famille, on se trouve juste chanceux d’avoir eu le temps.. En hommage à mon papa, notre papi lou. »

Chloé B.


Des hommages aux soignants et un quartier encore plus convivial

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« Dès le 17 mars au soir, nous avons invité tous les habitants de l’impasse Henri Matisse à venir applaudir à 20 h, devant leur portail ou mur de clôture. Petit à petit, chaque maison ouvrait sa porte et chaque participant applaudissait. Le samedi, c’était encore plus festif mais plus dur pour applaudir, nous avions le verre à la main et nous trinquions à distance. Ce petit temps de pose devenait, selon la météo souvent très favorable, de plus en plus long. De deux minutes, on est passé à la petite demi-heure.
Dans notre impasse, tout le monde travaille à part moi et un couple un peu plus âgé. Eh bien, tous les soirs, on voyait ce couple et on avait de leurs nouvelles. Cela rythmait leur fin de journée. Un autre couple, est arrivé locataire dans notre impasse. En temps normal, on se serait, nous les proches voisins, dit un petit bonjour, un petit signe mais là grâce à cette petite démarche vers le monde médical, ils ont connu l’ensemble des habitants au fur et à mesure des soirées. »

Michel L.B.

Planter un arbre, pour garder le souvenir

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« Le confinement obligatoire a permis de redécouvrir les vraies valeurs : partage, solidarité, retour à l’essentiel ! Les nouvelles de plus en plus inquiétantes ont été source d’angoisse malgré une volonté de positiver et si, certains jours, le moral venait à s’effriter, le fait de se promener une heure (avec son autorisation en poche) dans la nature nous ressourçait.
En effet, le printemps a été très beau : les arbres, les fleurs, les oiseaux nous rappelaient la force de la vie ! Pour garder souvenir du déconfinement (enfin arrivé), j’ai décidé de planter un arbre. C’est un acer (érable japonais ). Je l’ai baptisé d’un nom japonais " Katsuko " qui signifie « enfant de la victoire » ; il a trouvé sa place dans le jardin et prendra des teintes magnifiques à l’automne.
Pour moi, il sera le symbole du renouveau avec l’espoir que la joie de vivre revienne pour tout le monde ! »

Claudine A.

Le plus dur, ne plus voir Papy et Mamie

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« Pour nos enfants Lucile, 8 ans et Nathan, 6 ans ce qui a été le plus marquant pendant cette période, c’est le discours du Président de la République à la télévision, surtout pour ma fille (ci-après le dessin qu’elle a exposé au retour à l’école).

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Avec la continuité de nos travails avec une attestation à remplir tous les jours (pour moi, aide soignante à Plérin et le Papa, garagiste à Ploeuc-sur-Lié) Mais c’est surtout, l’école à la maison et les activités diverses qui ont beaucoup marqués, comme ici du Land Art pour remercier toutes les personnes qui ont travaillé pendant cette période.
Le plus dur quand même a été de ne pas voir, ni embrasser Papy et Mamie, qui vivent vers Guingamp et de parler via visiophone avec eux. Mais c’était pour des retrouvailles très émouvantes, à la fin du confinement ! Et un retour avec grande joie à l’école. »

Famille R.-T.

Poème - Coronavirus nous te combattons

Comment ne pas être reconnaissants,
Orienter, soigner, soulager les patients,
Rassembler les forces vives, pour lutter contre ce fléau, le Covid-19,
Ouvrir les hôpitaux, les cliniques, pour recevoir les victimes et redonner espoir,
Ne jamais perdre confiance, envers ceux qui leur viennent en aide,
Aux médecins, infirmiers, à tous les soignants, à tous les intervenants,
Version d’une guerre, contre cet ennemi invisible, décimant les personnes vulnérables,
Immersion, dans les dégâts qu’il provoque, sur toute la planète,
Respectant les recommandations de confinement de nos dirigeants, pour lutter contre l’épidémie,
Union sacrée, pour gagner cette guerre et retrouver la vie,
Servir les patients, pour aider le retour vers leurs proches,
Coronavirus, contre toi nous gagnerons cette guerre !

Vincent R.

Réflexions culturelles sur le confinement

« Deux mois de confinement, finalement pas si désagréables, quand on a une maison, un jardin et qu’en Bretagne, ces temps-ci, le temps est beau, voire estival. La pollution, si elle n’a pas disparu, s’est considérablement ralentie, la nature a repris ses droits, on entend à nouveau le calme et le chant des oiseaux. S’il n’y avait pas cette crise économique qui, apparemment, s’annonce redoutable, le confinement, ce n’est pas l’idéal, mais presque…
Oui, sauf que, quand même, nous manquent et le cinéma et le spectacle vivant. Plus de “Passerelle”, plus de “Bleu pluriel”, plus de “Club 6”. Et, là, ça fait mal… On a beau avoir la télé, avec un bel et grand écran, le direct, le vivant, le vécu sont irremplaçables. Le cinéma, à la télévision, cela reste de la télévision. Le cinéma a besoin, vitalement, de la salle obscure, du grand écran et du partage. Bon, c’est sûr, on peut enregistrer, voir ou revoir plein de films à la télé, après tout c’est un moindre mal, mais le cinéma nous manque…
Et que dire alors du spectacle vivant ? A “Bleu pluriel”, il nous restait trois spectacles dans "Les Arts Décalés" ; pire encore, à “La Passerelle”, il nous restait cinq spectacles, dont certains étaient attendus depuis longtemps. Bien sûr, "Bleu pluriel” a fait des efforts inestimables et surprenants, réussissant une belle performance, avec la complicité d’artistes vraiment engagés, qui ont réussi à adapter leurs spectacles sur “You Tube”. Vraiment des prestations qui étaient, chaque jour, attendues, sur le coup de 18 H 30. Mais, là aussi, on s’est aperçu que rien ne remplace le spectacle vivant, en chair et en os. Bon, belle initiative aussi de France 5 le dimanche soir : spectacles théâtraux, avec la Comédie Française. Un “Misanthrope” étonnant, “Les Rustres” de Goldoni, Feydeau, Courteline, etc. Mais, même chose, la frustration est là de ne pouvoir, dans les premiers rangs, participer à l’aventure du vivant, du réel !
En outre, cinéma et spectacle vivant confondus, apparaît le risque de faire croire aux téléspectateurs que l’on peut assister à du cinéma ou à du spectacle vivant en restant bien au chaud dans son fauteuil, en mettant sur pause pour aller boire un coup ou satisfaire un besoin naturel et qu’il n’est plus besoin de sortir pour se cultiver. Il faut l’affirmer très fort, les salles de cinéma sont nécessaires pour visionner des films, il faut des lieux de culture pour participer au spectacle vivant. Et il faut également le public ! Assister à un concert des “Stones” par exemple ou regarder la captation du dit concert à la télé et vous comprendrez ce que je veux dire, qu’il y a bien un décalage énorme entre les deux ! J’imagine que les supporters de foot ont trouvé l’initiative de faire jouer les matchs à huis-clos complètement idiote !
Alors, évidemment, il nous tarde de retrouver, en vrai, si j’ose dire, pièces de théâtre, spectacles de cirque, concerts, etc., et le plus vite possible. Peut-être que la pandémie aura permis à certains, gouvernants et politiques, de comprendre que la culture doit être, non seulement conservée, mais développée, que sans culture, il n’ y a pas de citoyenneté. La période vécue aura peut-être permis aux mêmes de réfléchir sur la culture populaire, sur ce que pourrait être une culture populaire. On peut toujours rêver… »

Henri O.

Des cours de Zumba pour une bouffée d’oxygène

« Des cours ont été donnés à fréquence de trois fois par semaine pour faire plaisir à chacun et garder le fil. Ces cours en live via Facebook nous ont permis de rester en forme et de garder le moral. Cela nous a permis d’avoir un regain d’énergie et un bien-être absolu pendant cette période que chacun a vécu différemment. Quoi de mieux que quelques témoignages :

  •  Valérie : « Ma bouffée d’oxygène ! Ils m’ont donné une certaine impression de normalité. Ils ont impulsé mes semaines, leur ont donné un rythme et un objectif (j’étais dans l’attente des cours). Sans compter le bienfait physique et mental […] »
  •  Karenn : « J’attendais avec impatience les cours de Zumba de notre pétillante et dynamique instructrice Isabelle pendant la période de confinement. C’était un rendez-vous que je n’aurais manqué pour rien au monde ! Il s’agissait d’une véritable « bouffée d’Oxygen’z » entre le télétravail, l’école à la maison et la cohabitation 24h/24h avec les membres de la famille... »
  •  Analie : « Les cours qu’on a vécu pendant le confinement c’était topissime !!! Merci beaucoup à toi Isa, ça nous a permis de s’évader et de voir ce confinement passer plus vite grâce à toi ! »

Notre aventure humaine ne s’est pas arrêtée le 16 mars 2020 et nous a permis de rester soudés face à cette épidémie. »

Isabelle Y., association Oxygen’Z

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